C'est l'angle mort de la vie freelance. On s'installe à son compte pour gagner plus, travailler différemment, être libre — mais la question de la retraite reste systématiquement repoussée à plus tard. Selon une étude du Conseil d'Orientation des Retraites publiée en 2025, la pension moyenne d'un indépendant est inférieure de 42% à celle d'un ancien salarié aux revenus comparables. Un écart structurel qui s'explique par des années de cotisations insuffisantes ou mal optimisées.
Pourquoi les freelances cotisent moins
Sous le régime micro-entrepreneur, les cotisations retraite sont calculées sur le chiffre d'affaires brut à un taux d'environ 22%. En apparence, cela semble correct. En réalité, ces cotisations génèrent des points retraite bien inférieurs à ceux d'un salarié : un micro-entrepreneur qui déclare 50 000 euros de CA annuel valide en moyenne seulement deux trimestres par an au sens de la retraite de base, là où un salarié équivalent en validerait quatre.
Le problème est amplifié par les années sans activité ou à faible revenu — fréquentes en début de carrière freelance — et par l'absence quasi systématique de cotisation à une retraite complémentaire.
« À 45 ans, j'ai demandé un relevé de carrière. J'avais 12 ans de freelance derrière moi et seulement 23 trimestres validés. Un salarié sur la même période en aurait eu 48. J'ai réalisé que je partais pour toucher 600 euros par mois à la retraite. C'est là que tout a changé. » — consultant en stratégie digitale, Bordeaux, 2025.
Les solutions pour cotiser efficacement
La première option est le Plan d'Épargne Retraite (PER), disponible depuis la loi Pacte. Ouvert à tous les travailleurs indépendants, il permet de déduire les versements de son revenu imposable dans la limite de 10% du revenu professionnel, avec un plafond 2026 fixé à 37 094 euros. Un levier fiscal puissant : un freelance qui verse 5 000 euros sur son PER réduit d'autant sa base imposable.
La Madelin, bien que partiellement remplacée par le PER, reste accessible aux travailleurs non salariés affiliés au régime réel (SASU ou EURL). Elle permet de déduire des primes d'assurance retraite supplémentaire, prévoyance et mutuelle de son résultat imposable.
Enfin, pour les profils à fort revenu, l'assurance-vie reste un complément pertinent : fiscalité allégée après huit ans, disponibilité du capital, et transmission facilitée. Ce n'est pas à proprement parler une cotisation retraite, mais c'est un outil d'épargne longue durée complémentaire.
Combien épargner et à quel rythme ?
La règle des 10 à 15% est souvent citée par les conseillers financiers spécialisés indépendants. Concrètement, un freelance qui facture 5 000 euros par mois devrait mettre de côté entre 500 et 750 euros mensuels dédiés à la retraite, en complément de ses cotisations obligatoires. Plus tôt cet effort commence, plus les intérêts composés jouent en sa faveur.
Selon les simulations publiées par le site Épargne Longue (2025), un freelance qui épargne 400 euros par mois à partir de 30 ans avec un rendement annuel moyen de 4% dispose d'un capital de 290 000 euros à 65 ans — soit une rente viagère d'environ 1 000 euros par mois en complément de sa pension de base.
Freegest : anticiper grâce à une vision financière claire
Impossible de cotiser correctement pour sa retraite sans connaître précisément ses revenus réels. Freegest donne aux freelances une vision en temps réel de leur chiffre d'affaires, de leurs charges et de leur revenu net effectif. Cette visibilité est la condition préalable à tout arbitrage entre rémunération immédiate et épargne long terme. Des tableaux de bord clairs pour décider, chaque mois, combien on peut se permettre de mettre de côté sans déstabiliser sa trésorerie.
Sources : Conseil d'Orientation des Retraites (2025), URSSAF Guide retraite indépendants (2026), Épargne Longue Simulation retraite (2025), Loi Pacte — PER (2019, mis à jour 2026),Shine Guide Freelance & Retraite (2025).